RICHARD PRYOR

RICHARD PRYOR

Le talent et l’engagement, c’est principalement ce qui caractérisait Richard Pryor. Né en 1940, le natif de Peoria dans l’Illinois fait preuve d’aisance face à un public dès son plus jeune âge en école secondaire. Effectivement, après un marché conclu avec l’un de ses professeurs lui interdisant de plaisanter en classe, il l’autorise à faire son spectacle une fois par semaine devant ses camarades. 

Pionnier dans son domaine pour son côté politiquement correct et ses sketches grinçants, il est l’initiateur d’un vrai changement de la scène américaine. Au début des années 60, il exerce ses talents comiques sur les scènes du “Chitlin Circuit”. Son succès grandissant lui ouvre les portes de la télévision et de prestigieuses émissions comme le Ed Sullivan Show ou le Tonight Show. 

Dans une période de ségrégation et de tension raciales, il est l’un des premiers afro-américains à s’approprier le terme “nigger”, ouvrant la voie à de nombreux rappeurs et comiques. Il remplit au fur et à mesure les grandes salles de spectacle et va même jusqu’à sortir un album. 

Sur le grand écran, il est moins présent mais rejoint le casting de films notables avec Gene Wilder : TransAmerica Express d’Arthur Hiller, en 1976, et Faut se faire la malle de Sidney Poitier, en 1980. Sa dernière apparition à l’écran date de 1997 avec Lost Highway de David Lynch. 

Il fut un libérateur de la parole pour une population ciblée et l’initiateur du One Man Show moderne. La condition afro-américaine était au cœur de sa raillerie et des caricatures qu’il distillait dans ses spectacles. À travers son esprit de dérision et les dérives de la société qu’il dénonçait, il permit à une tranche importante d’humoristes et d’artistes de tous genres de naître. 

Véritable figure de la scène américaine, la chaîne Comedy Central le classa meilleur humoriste américain de tous les temps en 2004. Décédé en 2005 suite à une crise cardiaque, il reste un modèle pour de nombreux artistes et comédiens de nos jours.

Le 17 décembre 2020, par L’équipe des Planches de l’ICART – Acte IV