EDITO

Lundi 06 mars 2023. Le Théâtre du Gymnase est bondé. Marie se sent Bell et vivante comme jamais. La nouvelle s’est répandue depuis plusieurs semaines déjà, dans les salons cosy, par les boulevards cathodiques et les canaux numériques… le tout-Paris est en émoi ! C’est en effet ce soir qu’ont lieu “Les Planches de l’ICART – Acte VI”, cette soirée-tremplin tant attendue, organisée chaque année par une nouvelle équipe, et qui honore le spectacle vivant en mettant en lumière de nouveaux talents dans le très respecté exercice du « Seul·e en scène »

20h20. Dans la salle, c’est l’ébullition. Huit cents spectateur·rice·s encore indiscipliné·e·s s’installent, se mettent à l’aise, se saluent, excité·e·s comme des puces car iels savent que les artistes émergent·e·s qu’iels vont avoir la chance de découvrir ce soir ont tou·te·s gagné le droit d’entrer dans la lumière grâce à leur seul talent. Du balcon à l’orchestre, de la corbeille à la loge, les pronostics vont bon train. 

– « Ce thème de « Métamorphose » pour la soirée, c’est une super idée ! »

– « Tu savais qu’il y avait un « prix du Geste » pour les prestations non-verbales ?! »

– « Moi j’ai lu que le concours était ouvert à toutes les disciplines du spectacle vivant, ça promet de belles surprises… »

– « Il paraît qu’iels ont été plus de trois cents candidat·e·s à se présenter, vous vous rendez compte ?! »

– « Hâte de voir comment le thème a inspiré les artistes ! »

– « Je suis sûr que nous allons voir des prestations singulières… » 

En coulisses l’émoi n’est pas moindre et la tension palpable. Chacun·e des artistes finalistes se concentre à sa manière, ici une vocalise, là un assouplissement, un accessoire fébrilement vérifié, des écouteurs fichés dans les oreilles… Tou·te·s savent que les trois prix qui vont être décernés – le Prix de la Parole, le Prix du Geste et le Prix du Public – peuvent métamorphoser leur carrière… Alors, tandis que l’on entend la sonnerie retentir dans le hall, chacun·e maîtrise son trac grandissant, heureusement bichonné·e par une équipe organisatrice aux petits soins. 

Ça y est ! La lumière de la salle diminue. Quelques chuchotis perdurent encore quelques instants, puis disparaissent peu à peu. Le théâtre est maintenant plongé dans la pénombre. Les trois coups du brigadier retentissent. Le silence est là, respectueux. Le rideau se lève. La magie du spectacle vivant peut opérer…

 

L’équipe des Planches de l’ICART